Créativité

Recommencer à créer

02/02/2020
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Ces derniers mois ont été riches d’enseignement et de changement. J’ai gravité dans des conceptions différentes du monde dont je n’avais aucune mesure auparavant. Cette expérience de devenir thérapeute et de plonger profondément en moi, d’illuminer mes ombres, d’accepter mes failles et de connaître ma valeur m’a transformé. Cette transformation continue à porter ses fruits chaque jour et j’en accueille tous les bénéfices ainsi que les challenges de la meilleure façon possible pour moi.

A regret, j’ai délaissé Happiness Thérapie : je me sentais à l’étroit dans cette quête absolue du bonheur, un besoin de muer, d’aller chercher l’essence de qui je suis pour le partager avec le reste du monde. Car un des enseignements qui m’a le plus marqué au travers de cette aventure pour découvrir la meilleure version de moi-même et la laisser vibrer intensément, c’est justement ça : quand je suis moi-même, tout fonctionne. Quand je me donne de l’amour, tout fonctionne. Quand je mets mon âme dans ce que je fais, tout fonctionne. Alors qu’est-ce que j’attends ?

Quand le mental s’en mêle trop

Pourtant, je trouve ça inconfortable, de revenir écrire, de laisser de nouveau ma créativité débordante se transformer en mots qui seront peut-être lu par des personnes que je connais et d’autres qui n’ont aucune idée de qui je suis. Inconfortable parce que je réfléchis beaucoup à ce que je voudrais dire, à comment j’ai envie de le faire. A ce que j’expérimente et que j’ai envie de partager. A cette poésie, cette rage de créer qui bouillonne en moi, qui construisent ma personnalité, qui me rendent sensible au monde qui m’entoure, à ses difficultés autant qu’à ses synchronicités. A cette multiplicité de sujets qui m’animent, à cette multi-potentialité qui m’enrichit mais qui me déconcentre aussi souvent.

C’est comme si ma tête se comportait comme un essaim d’abeilles. Affairées et studieuses pour produire le meilleur miel, elles se télescopent, elles bourdonnent, elles vont dans n’importe quel sens, avide de fabriquer ce merveilleux nectar. Toujours une nouvelle info, une phrase qui résonne, un livre super intéressant à dévorer avant de maîtriser tel ou tel sujet. J’ai découvert que le syndrome de l’imposteur et la comparaison sont les meilleurs ennemis de mon énergie créative, renforcés par l’immense accès sur le monde, via Internet et les réseaux sociaux, où chacun a un talent et des mots brillants à partager.

Je me suis donc interrogée intérieurement sur l’essence à mettre dans mon moteur pour me remettre en marche et appuyer sur l’accélérateur.

Le plaisir VS la stratégie

Je peine à trouver les mots dans mon esprit et pourtant, dès que mes doigts se posent sur le clavier, ils virevoltent sur les lettres et composent des phrases que je n’ai même pas besoin de réfléchir. Mon mental freine tellement souvent devant une activité qui m’est pourtant si simple d’accès.
Et si je n’arrive pas à dire ce que j’ai envie de dire ? Et si personne n’est touché par mes mots ? Et si quelqu’un l’avait déjà bien mieux expliqué que moi avant ?

J’ai compris il n’y a pas si longtemps que si je devais revenir écrire, ici ou ailleurs, je devais le faire pour MOI. Pour me faire PLAISIR. Pour me RÉALISER. Alors peu importe qu’une seule personne me lise ou que vous soyez des centaines. L’important, c’est de me faire plaisir en écrivant, réfléchissant, partageant, questionnant. Si je réponds à la question d’une seule personne, alors j’aurais déjà fait mon job et changé le monde.

Avec cette nouvelle promesse vient le temps de la remise en question.

  • Relire mon texte jusqu’à l’user pour vérifier que tout est concordant ? Non.
  • Laissez la place à mon intuition, ma créativité et ma personnalité pour laisser couler les mots ? Oui.
  • Passer des heures à faire du SEO et du marketing « parce que normalement c’est comme ça qu’il faut faire »? Bo-ring
  • M’approprier quelques règles pour aller au plus simple et au plus efficace ? Bingo !
  • Être l’esclave des algorithmes et de ceux qui les créent ? Absolument hors de question.
  • Établir un mode de publication qui me satisfait mais qui fait me surtout sentir libre ? Je me sens déjà plus légère.

Plante qui pousse

Ma mission ? Semer des graines

Et puis, finalement, j’apprends doucement à lâcher-prise. J’ai des choses à dire, à partager avec le monde extérieur. Ma personnalité est unique, ma façon de voir les choses également. Ai-je besoin d’être une experte en développement personnel pour conseiller des exercices qui font mouche ? Faut-il être une rock star pour oser chanter devant autre chose que mon miroir ? A partir de combien d’années en tant que thérapeute puis-je me sentir légitime ? Et, plus important, est-ce que dans mon cercle intime, plus restreint, je m’autorise à créer, partager, prodiguer mes conseils ? Comment ces moments sont perçus, quels sont les retours que j’en ai ?

Quand je lâche la danse des objectifs et des « il faut », alors je retrouve l’essence de ce que j’aime faire et ce en quoi je suis douée. Évaluer son trésor personnel avec bienveillance et surtout avec du recul, c’est se donner une chance de le partager de la meilleure des façons.

Alors sûrement qu’il y aura quelques fautes de temps en temps dans mes articles.  Probablement que j’aurai parfois envie d’aller me promener en forêt plutôt que de rédiger un long texte devant mon écran. C’est certain que je me perdrai encore dans la procrastination et les doutes. Et c’est OK parce que je connais ma capacité à rebondir et à retrouver le chemin de mes rêves.

Nous avons tous nos moments « on » et nos moments « off »
et c’est important d’accepter cette imperfection d’être
.

L’important, c’est de donner du sens à ce que je fais. De savoir pourquoi j’ai envie d’accorder de précieuses heures de ma vie à ce doux projet. J’ai réalisé que notre monde a plus besoin de beaucoup de gens qui essayent d’améliorer les choses que de parfaits experts en la matière qui se comptent sur les doigts d’une main.

Et je ne crois pas au hasard quand il y a quelques jours, endormie pendant une longue auto-hypnose guidée, cette phrase a résonné dans mes oreilles et m’a réveillée :

« Alors laissez juste aller les graines, offrez vos cadeaux à la Vie et elle vous le rendra, bien plus beaux que vous ne les imaginez. » (Olivier Lockert).

J’ai comme été illuminée par ces mots qui sont l’essence-même du concept de lâcher-prise. J’ai décidé de planter des graines. Adviendra ce qui doit être.

Alors oublie le résultat, fais ce qui te fait vibrer,
laisse de la place pour que la Vie t’amène ce que tu dois expérimenter.

Photo de Jeremy Bishop

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  • Répondre
    Tiercelin Aurelien
    03/02/2020 at 21:33

    Bonjour Little Black Sheep, je suis ravi (pas de la crèche) de pouvoir continuer à suivre tes pérégrinations sur cette nouvelle place.
    Il est certain que tous tes articles n auront pas d écho auprès de moi vu les thématiques abordées ici, mais j en lirai de temps à autre pour m ouvrir un peu et aussi/surtout parce que c’est toi et que j aime la manière avec laquelle tu partages une partie de tes réflexions ces dernières années.
    Pout le coup là j étais obligé de laisser un commentaire parce que l article du jour me parle beaucoup 😉
    Tous mes encouragements pour ce nouveau projet. Aurélien

    • Répondre
      Fanny
      04/02/2020 at 14:17

      Merci Aurélien, venant de toi, ça me fait chaud au cœur !

  • Répondre
    Simon Lindekens
    04/02/2020 at 18:40

    Un article des plus sincères et touchants qui me parle énormément, je ne connaissais pas ta plume et je la découvre avec un infini plaisir, chère Fanny.

    Je suis moi même en pleine phase de doute et de reconversion professionnelle (l’enseignement ne me convient plus pour de multiples raisons, j’ai fait une période de dépression et de burn out à la fin d’année) et je me retrouve beaucoup dans tes mots, tes volontés, tes envies et la façon dont je pense je dois prendre le problème. Le tout est de concorder volonté et actes et je vais m’y employer sous peu.

    Merci à toi encore une fois et j’espère à très vite, ca fait des années qu’on ne s’est pas vus et je souhaite remédier à cela. Ton ami Simon.

    • Répondre
      Fanny
      04/02/2020 at 18:48

      Merci Simon, ravie que tu découvres ma plume. L’enseignement est malheureusement un domaine compliqué à gérer humainement ces temps-ci. Je n’ai aucun doute sur ta capacité à rebondir. A bientôt !

  • Répondre
    Nicolas Urdich
    04/02/2020 at 19:11

    Enfin ! Ca me fait vraiment plaisir d’être là pour te voir te lancer… et avec quel talent ! Je crois en toi, en ta capacité à créer de l’or avec ta plume, qui va toucher ceux qui ont besoin de l’être. Et surtout, je suis heureux de voir que tu le fais avant tout pour toi. C’est le meilleur moteur bulletproof ! Maintenant que tu as largué les amarres, je te souhaite bon vent et belle virevolte (et dieu sait que la Volte, comme tu le sais, j’aime ça !)

    • Répondre
      Fanny
      04/02/2020 at 20:46

      Haha, c’est un peu grâce à toi si je prends la confiance. Et longue vie à la Volte et à sa bande de Révoltés. Changeons le monde, bordel !

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    Matuchet
    04/02/2020 at 23:25

    Oh comme j’ai l’impression d’être embarqué dans un voyage dans le temps en te lisant…quelle joie de te voir si lumineusement Toi….tolérante optimiste et indulgente avec toutes les parts de toi même….
    Merci d’écrire avec tant de partages…tes graines se sèment, et j’espère qu’il y aura de plus en plus de coquelicots !
    La danse de tes abeilles à de belles chorégraphie à nous montrer j’en suis certaine!
    Et dire qu’un soir parmi tant d’autres nous sont aller dîner ! Chaque jour est une aventure lady !

    • Répondre
      Fanny
      05/02/2020 at 13:14

      Un joli champ de coquelicots pour pouvoir se rouler dedans. A nous l’aventure !

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